Aidez-nous à interdire la construction d’une microcentrale hydraulique sur un des derniers ruisseaux sauvages de l’Oisans

 

Le Rif Garcin situé dans un des beaux sites de l’Oisans : la Basse-Montagne d’Ornon au pied du Taillefer.

Cette zone est classée Natura 2000 et fait partie des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique. Elle est dans la zone d’adhésion du Parc National des Ecrins. La Basse-Montagne est aussi un site de reproduction du tétras-lyre, espèce fragile et actuellement menacée.

Ce site est très apprécié des habitants et des randonneurs et fait partie du circuit des lacs du Taillefer.

 

Les ONG et associations environnementales condamnent l’installation de ces microcentrales sur des ruisseaux alpins lorsqu’elles détruisent des biotopes précieux. Car elles ne peuvent produire que peu d’électricité, et cela uniquement durant les mois d’été, période où la France est déjà en surproduction. Sous couvert de développement durable elles n’apportent rien au potentiel énergétique de la France. De plus cette microcentrale de 3,8 GW/an serait implantée dans une zone de l’Oisans qui est déjà un très gros producteur de plus de 1000 GW/an.

  •  Le Rif Garcin est une rivière sauvage intacte à protéger

 

Le Rif Garcin prend sa source dans les lacs du plateau du Taillefer. C’est un ruisseau à faible débit mais qui présente de belles cascades faisant partie du paysage d’Ornon. Il abrite une population de truites abondante et il constitue à son déversoir et au départ de la Basse-Montagne une frayère pour leur reproduction.

Le faible débit et le turbinage diminueraient l’oxygénation et augmenteraient la chaleur de l’eau, détruisant ainsi le biotope nécessaire à l’alimentation des truites.

 Une grande partie de l’eau étant dérivée dans une conduite forcée, le  débit résiduel ne serait plus que de 24 litres seconde au lieu de 300, soit réduit à celui d’une chasse d’eau ! Autant dire que les belles cascades disparaitront la majeure partie de l’année!

  •  La Basse Montagne est une zone sensible à protéger !

 

Le captage de l’eau sera situé sur la Basse-Montagne du Taillefer, abîmant un site unique et apprécié des habitants et touristes. Il s’agit d’une Zone humide composée de prairies forêts et tourbières, classée Natura 2000  et ZNIEFF (Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique).Les tourbières de la Basse-Montagne sont également classées à l’inventaire des zones humides de l’Isére.

Ce projet se situe en plus au sein de la zone d’adhésion au Parc National des Ecrins !

Ce site est protégé pour permettre la reproduction du Tétras Lyre, (coq de bruyère), espèce très sensible au bruit. La basse montagne est aussi une zone d’hivernage pour de nombreuses espèces de montagne fragiles (tétras lyre, lagopède, chamois) . Elle héberge d’autres espèces protégées d’oiseaux, comme le chardonneret élégant, ou des insectes protégés comme les papillons Nacré des Balkans, Solitaire , Appolon  et Semi-Appolon  . Les tourbières abritent un batracien protégé (Rana temporaria).

Les prairies du clos de l’homme également que va traverser également la conduite sont  aussi zone classées  Natura 2000, et hébergent des oiseaux figurant sur la liste rouge des espèces menacées (Pie grieche à tête rousse  , Tarier des Prés, Rousserole) ainsi que des plantes protégés comme l’Ancolie des alpes , le Sabot de Vénus ou  l’aîl rocambole ou des insectes protégés comme la Rosalie Alpine.

La réalisation du captage et l’enfouissement de la conduite perturberaient gravement la faune durant les années de travaux. Il faudrait abattre les arbres le long du ruisseau, réaliser une digue et enterrer la conduite sur 1,6 km dans la roche dur,  à l’aide de marteaux piqueurs, de brises roches voir d’explosifs !

Les travaux entraîneraient des centaines de passages de camions qui devront tourner sur les prairies de montagne où seront stockés les matériaux, les détruisant à jamais.  Même en prenant des précautions, la végétation de repousse ne serait pas identique et risquerait d’être colonisée par des plantes invasives.

  •  La Basse-Montagne, porte d’entrée du plateau des lacs du Taillefer

 

Non seulement la Basse-Montagne est un lieu, idyllique et préservé,  très apprécié des familles qui veulent initier leurs enfants à la montagne, car d’accès facile, mais c’est aussi une agréable porte d’entrée pour accéder au plateau des lacs du Taillefer, fréquenté par de nombreux randonneurs et amateurs de nature préservée.

 Citons ce qu’écrit le Parc National des Ecrins sur son site internet en parlant d’Ornon: « Les montagnards sont majoritairement attirés par les itinéraires qui mènent au plateau du Taillefer depuis le hameau de la Grenonière et le petit plateau « enchanteur » de la Basse montagne. »

  • La microcentrale du Rif Garcin serait située dans une zone produisant déjà énormément d’électricité hydraulique

 

Cette centrale avec une puissance prévue de 1.36 MW ferait pâle figure comparée à la puissance de 3770 MW de la centrale de Grand-Maison située à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau. Sur l’autre versant de la montagne, l’ensemble des centrales de la Romanche produisent près de 1000 GWh/an, alors que la centrale du Rif Garcin n’y rajouterait que 3,8 GW/an, au prix de la destruction d’un site protégé. Par ailleurs le bâtiment de la centrale serait construit dans une zone classée à « risque d’avalanche !

La commune d'Ornon participe déjà à la transition énergétique par une première microcentrale située sur la rivière Lignarre a plus fort débit, dont le Rif-Garcin est affluent, et dans un site non écologiquement sensible.

  •  Pourquoi les Associations environnementales disent non aux microcentrales dans les Alpes :

 

Des ONG comme ERN (European River Network) qui a comme partenaire le WWF France considèrent que les microcentrales de montagne ne sont pas de vraies solutions écologiques en vue d’un développement énergétique durable. En effet les Alpes fournissent déjà énormément d’hydroélectricité, plus de 90 % du potentiel des Alpes est déjà équipé en centrales électriques.

Seul 1% des ruisseaux et rivières subsistent à l’état sauvage, sans aucune intervention humaine et sont donc à protéger .

En France les 2500 microcentrales existantes ne produisent que 1.5% de l’électricité nationale et ont un impact fort sur l’environnement et la biodiversité.

De plus, les microcentrales lorsqu’elles sont situées sur des torrents de montagne  ne produisent que très peu d’électricité, et uniquement  durant les périodes d’été,  lorsque la consommation est réduite de 50% et  la France en état de surproduction! Ne pouvant stocker l’électricité, on utilise même au contraire, une partie de cet excèdent d’électricité, pour remonter de l’eau dans le barrage de Grand-Maison afin d’en disposer en hiver.

 Il est préférable d’augmenter la production d’hydroélectricité des barrages existants. On peut pour certains augmenter de 30% leur production simplement en les modernisant.

 Renforcer la sobriété et l’efficacité énergétique notamment par la rénovation des bâtiments doit être notre priorité.

 C’est le bon sens même que de ne pas produire à grands frais et à fonds publics perdus l’énergie la moins utile et la plus coûteuse pour l’environnement.   La démesure et le mythe  de l’abondance énergétique sont un aveuglement collectif profond qui perpétue la dévastation du monde.

En termes de solidarité pour les générations futures, il faut que notre patrimoine environnemental soit préservé !

Comme  l’Association pour la Défense de l’Environnement d’Ornon (ADEO), dites oui à une véritable écologie ! Non à une fausse solution  opportuniste !

Monsieur le Préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, nous vous demandons de ne pas autoriser la  construction de cette centrale irresponsable et destructrice d’un site remarquable au cœur de l’Oisans sauvage!

 

Pour nous Contacter : defense.environnement.ornon [at] gmail.com ou utilisez le formulaire ici

 

Pour en savoir plus,  consulter :

 

Natura 2000 : Forêts, landes et prairies de fauche des versants du Col d'Ornon :

https://inpn.mnhn.fr/site/natura2000/FR8201753

 

Natura 2000 : Landes, tourbières et habitats rocheux du Massif du Taillefer :

https://inpn.mnhn.fr/docs/natura2000/fsdpdf/FR8201735.pdf

 

ZNIEFF : Bas marais et forêts du versant de la Jasse : https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/820031981

 

ZNIEFF : Ensemble formé par le massif du Taillefer, du Grand Armet et du Coiro : https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/820003754

 

European River Network : L‘Hydroélectricité : une énergie renouvelable mais pas systématiquement verte : https://www.ern.org/fr/hydroelectricite/

 

France hydro électricité : chiffres de l’hydroélectricité en France : http://www.france-hydro-electricite.fr/lenergie-hydraulique/chiffres-cles

Petite hydroélectricité, bonjour la fraude !

Tout système dépourvu de dispositif de contrôle et de régulation, irrémédiablement, devient fou*. C'est le cas de l'appel d'offres pour la petite hydroélectricité, dispositif tellement opaque que la fraude s'y installe confortablement...

Bonjour France Hydro !

Alors, comme ça, on se fait un peu de souci pour son appel d'offres petite hydro ?

Et bien, je pense qu’il y a de quoi : ce bébé est né avec une malformation congénitale bien ennuyeuse : il est dépourvu de tout dispositif de participation, de contrôle et de régulation, en amont par la société civile, laquelle est maintenue strictement à l'écart (le plus longtemps possible) du déroulement de ce système opaque. Contrairement à la loi. Je vous rappelle aussi que c’était précisément l’objectif de la Convention pour une Hydroélectricité Durable de juin 2010 que Mme Royal a détricoté, cette idée de co-construire, de faire des choix partagés, ensemble. Avec un aval difficilement compréhensible de la Commission de Régulation de l'Energie, qui a pourtant a priori une bonne culture des ordres de grandeur, des tendances, nationale, européennes, mondiales, et qui sait que le développement de l’hydro-électricité sera marginal, vous avez voulu trop bien faire pour vos intérêts particuliers, que vous vous êtes vantés d'avoir bien défendus. En oubliant que "le mieux est l'ennemi mortel du bien".

Et voilà le résultat : dans un tel système laissé sans protection ni contrôle, la fraude, oui la fraude, la vilaine fraude s'est installée confortablement. Les deux premiers lauréats (dans le périmètre d'un Parc National !) sont passés frauduleusement car, de fait, ils n'en sont qu'un, mais comme le seuil de 5 MW est dépassé, la présentation séparée n'avait qu'un objectif : passer sous le seuil plafond des projets à retenir. Et, naturellement, le Code de l'Environnement, on s'assoit dessus. C’est secondaire, la Loi, en France, pour ce qui touche à la conservation de la nature. Ainsi, la fraude est avérée dans toutes ses dimensions (intentionnalité, caractérisation de l'information erronée fournie à seule fin d'obtenir une décision favorable qui aurait été négative autrement). Donc, selon l'adage « fraus omnia corrumpit », la décision prise à l'issue d'une procédure entachée d’une fraude est nécessairement illégale et doit être retirée, d'ailleurs sans condition de délai.

Selon ce même adage, pour nous, c'est tout le dispositif d'un appel d'offres opaque et malformé qui est corrompu et doit donc être abandonné. Et cela ne sert à rien de nous répéter vos éléments de langage façon « bisounours »*. Cela n'apprend rien, et en tous les cas ne masque pas votre but lucratif, ce qui n’est pas un défaut en soi, mais peut le devenir quand le lucratif se fait au détriment du Bien Commun, de la biodiversité, de l’avenir de nos ultimes cours d’eau en excellent état écologique, pour certains labellisés « Site Rivière Sauvage », en plus.

Vous ne devez pas ignorer également que subventionner l'électricité produite seulement en été est contraire à l'intérêt public. Ni que l’intérêt public des projets soumis à autorisation doit être démontré, ni que l’incantation « énergie propre » n’est en rien une démonstration. Ni que l’état des masses d’eau en Europe est protégé de toute dégradation par la Directive Cadre sur l’Eau, encore renforcée par la jurisprudence. Où sont donc alors vos arguments ? Il y a au moins 2500 micro-centrales sur les rivières de notre pays. Et pratiquement plus de rivières indemnes, sauvages, libres, belles. Il y a de la place ailleurs pour des installations sur des sites avec moins d’enjeux. Qu’attendez-vous ?

Priorité, pour une fois, dans cette période nouvelle devant nous, à la biodiversité des rivières !

* https://www.actu-environnement.com/ae/news/gerard-merle-martin-arnould-moratoire-microcentrales-hydroelectriques-31965.php4